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Lorsqu’on parle retraite avec un médecin libéral, la première question posée est souvent : « Est-ce que je dois verser davantage sur mon PER ? »
Ce n’est pourtant pas la première question à se poser.
La vraie question est :
De combien aurez-vous besoin chaque mois une fois votre activité arrêtée, et quelle partie de ce revenu devra provenir de votre patrimoine ?
Commencer par le revenu, pas par le produit
Prenons un exemple volontairement simple.
Un médecin souhaite disposer à la retraite de 7 000 € par mois pour maintenir son niveau de vie.
Après estimation de ses différentes pensions de retraite, il anticipe qu’elles lui procureront par exemple 4 000 € mensuels.
Il reste donc :
7 000 – 4 000 = 3 000 € par mois
soit :
36 000 € par an à produire grâce au patrimoine.
C’est ce déficit de revenus futurs qu’il faut financer.
Et c’est seulement après l’avoir calculé que l’on peut commencer à parler de PER, assurance-vie, portefeuille financier, immobilier ou autres solutions patrimoniales.
La retraite du médecin repose sur plusieurs régimes
La retraite obligatoire du médecin libéral ne constitue pas un bloc unique. La CARMF distingue notamment le régime de base, le régime complémentaire et l’ASV. En 2026, leurs droits continuent notamment à être exprimés à travers des systèmes de points pour les régimes concernés.
La première étape consiste donc à réaliser une projection réaliste des droits futurs.
Pas à prendre le montant d’une simulation pour argent comptant 15 ou 20 ans avant le départ, mais à obtenir un ordre de grandeur suffisamment fiable pour construire une stratégie.
Transformer le manque de revenus en objectif de capital
Supposons donc qu’il manque 36 000 € de revenus annuels.
Avec une hypothèse purement illustrative de retrait de 4 % par an sur un capital financier, il faudrait approximativement :
36 000 / 4 % = 900 000 €
de capital.
Ce calcul n’est évidemment pas une préconisation : fiscalité, inflation, rendement, durée de retraite, succession et niveau de risque doivent être intégrés.
Mais il révèle une chose essentielle.
Le bon objectif n’est plus :
« Je verse 1 000 € par mois sur mon PER. »
Il devient :
« Je dois construire environ X € de capital disponible à telle date. »
La logique patrimoniale change complètement.
Ensuite seulement vient la question du PER
Le PER peut être extrêmement pertinent pour un médecin fortement imposé.
Les versements volontaires peuvent, sous certaines conditions et dans la limite du plafond disponible, être déduits du revenu imposable. Le plafond applicable figure notamment sur l’avis d’impôt ; la réglementation 2026 a également fait évoluer les règles de report de certains plafonds inutilisés.
Mais un avantage fiscal n’est pas une stratégie de retraite.
Il faut également s’interroger sur :
- l’horizon de placement ;
- la disponibilité du capital ;
- l’allocation financière ;
- le niveau de risque ;
- la fiscalité future ;
- les autres actifs détenus ;
- les revenus immobiliers ;
- le besoin de transmission.
Un médecin peut parfaitement disposer de plusieurs PER et avoir malgré tout une stratégie retraite mal structurée.
Le véritable indicateur : votre taux de couverture
Pour chacun de mes clients médecins, je trouve beaucoup plus intéressant de raisonner autour de trois chiffres :
1. Revenu souhaité à la retraite
2. Retraite obligatoire prévisionnelle
3. Capital nécessaire pour combler la différence
On peut alors mesurer chaque année l’avancement vers l’objectif.
À 45 ans, le problème est rarement d’avoir exactement le bon produit.
Le problème est de savoir où l’on veut arriver à 65 ans.
Votre retraite mérite un véritable prévisionnel
Un médecin suit l’évolution de son cabinet, de son chiffre d’affaires et parfois de sa trésorerie.
Il devrait pouvoir suivre son patrimoine avec la même précision.
Votre stratégie retraite devrait donc répondre simplement à quatre questions :
Combien me faudra-t-il ?
Combien aurai-je probablement ?
Quel capital dois-je construire ?
Combien dois-je investir chaque année pour y parvenir ?
Ce n’est qu’ensuite que viennent les produits.
→ J’ai regroupé dans un guide gratuit les 6 erreurs patrimoniales que je rencontre régulièrement chez les médecins libéraux.
